Te rappelles-tu quand t'étais « game » ? C'était avant l'Internet, avant les PC, le Mac, avant le Super Nintendo, avant le techno et les sorties dans les bars. Je parle des bouquets de pissenlits, du bonhomme sept heures et tout ce qu'on pouvait croire à son sujet si nous n'étions pas couchés à 7h ! Je parle du magasin du coin dans le temps où un jujube coûtait 1¢ et qu'on réussissait toujours à en mettre plus. Te rappelles-tu du ballon-chasseur dans la cours d'école, des cerceaux, d'un millions de piqûres de maringouins après une soirée passée à courir dans les champs. Des mitaines mouillées, des combats d'oreillers, de Superman, des pupitres que nous devions laver à la fin de chaque année, de la voix de ta mère lorsque ton oreille était contre sa poitrine.Je parle de quand « prendre la drogue » voulait dire croquer une aspirine rose, je parle de quand les « rockets » était nos pillules quotidiennes, de quand nous faisions semblant de fumer avec nos cigarettes Popeye, de quand le coin de la rue semblait le bout du monde, de quand un 25¢ était une allocation raisonnable et un 1$... un MIRACLE. Je parle de quand les filles n'embrassaient pas, de quand n'importe quelle scène d'amour, c'était ARK ! Je parle de quand on se baignait assez longtemps pour avoir les doigts plissés, de quand les décisions étaient prises en faisant « ma p'tite vache à mal aux pattes, tirons la par la queue », de quand la pire chose que l'on pouvait attrapper du sexe opposé était la picote, de quand se faire pogner avec une arme voulaire dire se faire pogner avec un tire-pois. Je parle du temps où on regardait les dessins animés à partir de 6h le samedi matin, d'écouter 15 fois la même émission de Passe-Partout qui passe en reprise, de jouer à la cachette au crépuscule les soirs d'été, d'acheter des bonbons avec des bouteilles vides, de veiller sur le balcon en pyjama après avoir pris notre bain, de courir à travers l'arrosoir même si l'eau était glacée, de construire des forts dans des bancs de neige, de marcher jusqu'à l'école quelque soit la température, de sauter sur le lit et de tourner sur soi-même jusqu'à devenir étourdi, de manger de la poudre de Kool-Aid dans des pailles en papier et d'avoir la langue verte. C'était quand la pire humiliation était d'être pris(e) le dernier dans une équipe à l'école, quand les balounes d'eau signifiaient « armes ultimes », quand les cartes de joueurs de hockey était un outil d'échange redoutable, quand les catalogues Sears faisaient office de magasins, quand les éraflures étaient guérit par un « bec et bobo ». Si tu peux te rappeller de tout ça, c'est que tu es probablement d'accord pour dire qu'on a eu du bon temps quand on était enfant ! t'es pas game! J'veux revenir dans ce temps-là, dans le temps que maman s'inquiètait pas lorsque les filles allaient chez des garçons, dans le temps qu'on s'éraflait les genoux en gardant le coeur totalement intact, du temps ou un bec sur la joue voulait dire « on sort ensemble », du temps ou ta maman décidait comment t'habiller, du temps où les marques n'avaient aucune importance, du temps où msn, facebook, skyrock ou whatever,n'existait pas, du temps où on s'appellait pour jouer. J'te parle de quand le sida ne nous effrayait pas, de quand « tout arrive seulement aux autres », de quand le cancer existait presque pas, de quand on avait presque tous nos papas et nos mamans. J'te parle de bien avant que la cigarette tue tant, j'te parle de quand tout allait si bien..Le monde change et nous sommes oubliger de faire avec. Pourquoi c'est rendu si compliquer?